Hit-parade des fonds : La Turquie sur un tapis volant !

Cela fait maintenant tout juste un an que le hit-parade mensuel de MoneyStore permet d’analyser l’évolution depuis le début de l’année des fonds commercialisés en Belgique, toutes catégories confondues.

L’année passée, en septembre, nous relevions les très mauvaises performances des fonds investis en actions turques qui se cantonnaient aux dernières places du classement avec une perte de près de 30% de janvier à septembre 2011.  Aujourd’hui, ironie du sort, sur la même période en 2012, ce sont ces mêmes actions turques qui tiennent les premières places dans ce hit-parade avec des performances positives de plus de 30% depuis le début de l’année. Que s’est-il passé sur le marché turc ?

La croissance turque a progressé de façon remarquable à raison de 8,7%. Mais cette croissance a eu un prix : le déficit de la balance courante s’est accru. De ce fait, beaucoup d’investisseurs ont quitté le marché turc en 2011. Cette situation s’est encore aggravée avec les incertitudes résultant du printemps arabe. « De plus, la Banque Centrale de Turquie menait une politique monétaire un peu confuse qui a mené les investisseurs à solder leurs positions dans ce pays. Cependant, cette vision du marché est apparue comme étant trop pessimiste et l’on a assisté à un atterrissage en douceur de l’économie turque alors que les politiques de la banque centrale ont porté leurs fruits. Finalement, le marché turc a connu un regain de confiance », note Pavel Kopecek, analyste chez CSOB. « La Turquie est un des plus grands producteurs de produits agricoles, de textiles, de moteurs de voitures, de bateaux et d’appareils ménagers. (…) Sa force économique qui incorpore une certaine taille et une diversification, lui a permis de diminuer sa dépendance commerciale vis-à-vis des pays de l’Union européenne ces dernières années », relève le gestionnaire de fonds Aberdeen. Le gouvernement a également mis en place des politiques visant à s’attaquer aux racines des problèmes externes de la Turquie : importance des matières importées dans la fabrication des biens exportés par la Turquie (pétrole, gaz) , faible taux d’épargne,… Le gouvernement a aussi pris des mesures pour assainir ses finances publiques. De ce fait, Moody’s a augmenté son rating d’une notation sur la dette souveraine turque en le portant à Ba1 en juin 2012. Cette agence de notation annonce également qu’elle pourrait augmenter ce rating sur la dette souveraine à un niveau « investment grade » si ce pays continue à réduire le déficit de sa balance courante et le financement extérieur de son secteur privé tout en augmentant simultanément ses réserves de changes externes. « Il y a bien potentiellement des dommages que pourrait subir la Turquie avec ses voisins syrien et irakien mais les échanges commerciaux avec ces pays sont limités. Dans la région, ce pays fait figure de modèle économique pour les autres pays musulmans car c’est une économie en croissance qui a su garder dans le même temps son statut religieux », note Pavel Kopecek.

Dans le bas du classement, nous retrouvons une fois de plus les mines d’or qui n’ont décidément pas belle allure depuis plusieurs mois. Elles sont accompagnées de quelques fonds investis en ressources naturelles et matières premières.

Source des données chiffrées :  Morningstar

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Une réponse à Hit-parade des fonds : La Turquie sur un tapis volant !

  1. Makart alain dit :

    Très bon article!

    Mais il manque une colonne sur trois mois qui change tout en matière de rentabilité sur les commodities et particulièrement les métaux précieux…

    très intéressant de parler des « next eleven »,  » MIST », ou « PIKS », mais la façon la moins chère d’investir dans ces pays ( et peut être pas beaucoup moins profitable…) est l’utilisation de trackers…
    l’information est très faible dans nos pays à ce sujet ( au contraire des anglo saxons),peut être sous l’emprise des lobbys bancaires, qui ont plus d’intérêt à vendre leurs fonds?

    N.B. Je veux bien être abonné à votre news letter, merci!

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