Hit-Parade des fonds : Que se passe-t-il avec les mines d’or ?

Notre hit-parade mensuel des fonds reprend les 10 meilleures et les 10 moins bonnes performances depuis le début de l’année des fonds commercialisés en Belgique toutes catégories confondues. En ce début avril, les pays émergents asiatiques confirment leur position de leader. Ces pays bénéficient d’un retour des chiffres de l’économie américaine en zone positive.  Selon le gestionnaire Aberdeen, les chiffres du PIB au dernier trimestre de 2011 ont cependant affiché des différences entre pays. « La croissance économique a été accélérée aux Philippines par les dépenses de consommation alors que la Malaisie et l’Indonésie bénéficient des hauts niveaux d’investissement et de consommation ».

Plus surprenantes dans ce palmarès, ce sont les performances des sociétés aurifères sur les trois premiers mois de l’année. En effet, elles se retrouvent dans des zones négatives alors que leurs performances sur 3 et 5 ans sont largement positives. « Les bonnes performances des pays émergents et les moins bonnes performances des sociétés aurifères s’expliquent par l’effet de rotation sectorielle que l’on constate aujourd’hui sur les marchés d’actions. On assiste à un transfert des secteurs cycliques vers des secteurs pro-cycliques ou défensifs », constate Robert Galuba, Conseiller en investissement pour la sicav Sharegold. L’année passée, l’or physique a affiché une performance de 10 % alors que le MSCI World affichait une baisse de 5 %.  Après cette belle sur-performance de l’or, nous entrons dans une phase de stabilisation du prix de l’once d’or entre 1600 et 1800 dollars l’once. Cette consolidation est plutôt saine. Par contre, en ce qui concerne les sociétés aurifères, on constate une décote de 40% de ces sociétés sur les marchés, ce qui est historique. « Ces sociétés génèrent un bon cash-flow, elles ont des actifs tangibles, la production est présente dans un marché où la demande reste soutenue et l’offre limitée. Avec de tels fondamentaux et perspectives, ces sociétés représentent aujourd’hui une opportunité. Elles sont, aujourd’hui, le parent pauvre du phénomène à court terme de rotation sectorielle dans les portefeuilles. Les mines d’or se retrouvent aujourd’hui en décalage avec le prix de l’or et avec les marchés boursiers », note Robert Galuba. Actuellement, de façon surprenante, ces sociétés sont non seulement moins chères que le marché boursier américain mais aussi moins chères que les financières ou les assurances qui sont, quant à elles, moins transparentes. « Le marché va comprendre que les fondamentaux des sociétés aurifères sont meilleurs que ceux des sociétés financières. Selon nous, le prix de l’or ne devrait pas baisser mais devrait plutôt se stabiliser dans les mois qui viennent. La demande des banques centrales reste soutenue de même que celle de la Chine, même si la demande chinoise pour la bijouterie a diminué », note Robert Galuba. La demande pour les ETF qui investissent en or physique continue à croître mais à un rythme moins soutenu. La situation des sociétés aurifères semble donc irrationnelle dans des marchés où l’on assiste à une relative et temporaire stabilisation en Europe et à une ombre de reprise aux Etats-Unis. Les marchés semblent donc bien présenter quelques inefficiences dans certaines poches d’actifs. L’avenir nous montrera si la décote actuelle de plus ou moins 40 % des sociétés aurifères va être corrigée dans des marchés très volatils.

Source des données chiffrées: Morningstar

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