Hit-parade des fonds : Les mines d’or au fond, la Turquie au top

Le hit-parade des fonds de MoneyStore reprend les 10 meilleures et les 10 moins bonnes performances des fonds commercialisés en Belgique depuis le début de l’année.

Cela fait déjà plusieurs mois que les mines d’or ont emménagé dans le bas du classement. Elles en étaient sorties mais refont leur apparition en cette fin d’année. Mais que se passent-ils donc avec ces valeurs ?

« Par rapport au mois d’octobre, le prix de l’or est redescendu. Il est actuellement en-dessous de 1700 dollars l’once. Les actions des mines, qui avaient perdu leur corrélation avec l’or, ont retrouvé cette corrélation et ont donc enregistré une baisse. Or, pendant toute l’année 2011 cette corrélation avec le métal jaune était négative », reconnaît-on à la Banque Degroof. En général, les mines aurifères évoluent avec un effet de levier par rapport au cours du métal. Mais, depuis un certain temps, elles semblent avoir perdu cette corrélation. Au début de l’année, l’or s’est apprécié de 10% alors que, dans le même temps, les mines juniors perdaient 15% et les mines seniors perdaient 11%. La décote des mines d’or est, aujourd’hui, historiquement élevée. Comment explique-ton cette décote ? « Malgré les coûts d’extraction, les mines restent rentables et les marges sont élevées. Mais les investisseurs exigent des dividendes pour les récompenser du risque pris alors que les sociétés minières réinvestissent dans des nouvelles méthodes d’extraction. Les investisseurs les verraient mieux acquérir des mines juniors, par exemple. Il y a donc indéniablement une pression sur le secteur », note-t-on encore à la Banque Degroof. Les mines d’or restent donc incontestablement un secteur très sensible. Les positions prises dans cette sphère d’investissement par des investisseurs de renom ne doivent pas occulter le risque pris dans un secteur très cyclique.

Du côté des bonnes performances, la Turquie occupe une nouvelle fois le haut du classement avec des performances record. Or, il y a un peu plus d’un an, les valeurs turques étaient au plus bas. Comment explique-t-on ce rebond du marché turc ? « On peut vraiment parler de soft landing de l’économie turque qui a amené les actions à remonter si haut. De plus, la banque centrale turque a bien géré cet atterrissage en convainquant les investisseurs que sa politique peu conventionnelle fonctionnait bien », souligne Pavel Kopeček, gestionnaire chez CSOB Asset Management. A noter encore que le rating de la Turquie a été augmenté par l’agence de notation Fitch en novembre, ce qui a suscité un regain d’intérêt pour ce marché. Mais ne se dirige-t-on pas vers une bulle sur le marché turc? « Pour le moment, nous ne croyons pas en un éclatement d’une bulle sur le marché turc. Cependant, les investisseurs doivent être conscients des risques sur ce marché », estime Pavel Kopeček. En marge des risques économiques, il convient d’être aussi attentifs aux risques politiques avec un gouvernement qui veut orienter l’économie dans un sens plus « islamique », ce qui pourrait effrayer les investisseurs étrangers. Les conflits dans la région n’arrangent pas les choses. «  En tant qu’investissement, la Turquie doit s’envisager à long terme pour des investisseurs ayant un profil de risque élevé », conclut Pavel Kopeček.

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