Hit-Parade des fonds : Les obligations souveraines souffrent !

Notre hit-parade mensuel des fonds reprend les 10 meilleures et les 10 moins bonnes performances pour les fonds commercialisés en Belgique toutes catégories confondues. Plutôt que d’épingler l’un ou l’autre fonds, ce classement permet de dégager des grandes tendances sur les marchés.

En ce début mars, on constate que les actions indiennes confirment leur belle envolée depuis le début de l’année. Pour rappel, ce marché avait très mal performé l’année passée et le rebond de janvier se confirme encore en février dans un marché qui avait été trop vendeur en 2011. Les perspectives pour ce pays semblent plus réjouissantes grâce à des fondamentaux qui confortent la reprise des marchés. Dans les 10 meilleurs fonds de ce hit-parade du mois de mars, nous relevons quatre fonds sur l’Inde, trois fonds sur les pays émergents et un fonds sur la Chine.

Dans les moins bonnes performances enregistrées depuis le début de l’année, nous constatons que huit fonds sur dix sont des fonds obligataires et plus particulièrement des fonds investis en obligations souveraines. « C’est une situation assez paradoxale car les indices obligataires ont plutôt bien performé mais il y a des exceptions. Les obligations américaines et britanniques à plus de 10 ans ont accusé une baisse de l’ordre de 2,5%. Les rendements des obligations anglaises, américaines et allemandes se situent dans un mouchoir de poche. Lorsque les taux sont bas comme maintenant, la moindre variation engendre des mouvements importants sur les cours de ces obligations », constate Johnny Debuysscher, Managing Director chez Petercam. Les Banques Centrales d’Angleterre et des Etats-Unis ont inondé le marché de liquidités. La Banque d’Angleterre réalise ces opérations dans une très grande transparence mais cette création monétaire pourrait constituer un danger de relance de l’inflation. « Nous ne voyons cependant pas d’inflation dans un horizon d’un an mais, par contre, il pourrait y en avoir dans une deuxième phase. Cette inflation pourrait être évitée si les banques centrales revendent les obligations dans le marché », note Johnny Debuysscher.

Le rebond des marchés actions a aussi réorienté les investisseurs vers le risque. « Avec l’appétit pour le risque de retour dans les marchés, les actifs plus sûrs (qui ont réalisé les bonnes performances de 2011) sont sous pression. La plupart des marchés ont dégagé des performances de 10% depuis le début de l’année. Les marchés d’obligations gouvernementales allemand et américain n’ont affiché qu’un rendement de 0% sur cette période. Les AAA, havres de paix, sont chers et… sauf si l’avenir apportait plus de mauvaises nouvelles, les investissements plus risqués pourraient mieux performer en 2012 », estime Lazlo Belgrado, Responsable de la gestion des fonds obligataires chez KBC Asset Management.  Lorsque les fonds sont fortement corrélés aux indices mondiaux et investissent de ce fait dans des obligations souveraines assez spécifiques, ils risquent de souffrir davantage des événements qui influencent ces obligations. Chez Dexia Asset Management, le fonds est investi surtout en dettes souveraines japonaises et britanniques et dans une moindre mesure en dettes allemandes et françaises. « Après une très bonne performance en 2011 de la dette des pays dont la qualité de crédit est élevée (celle où investit notre fonds DBWG Plus) en début 2012, dans un contexte d’aversion au risque moins marquée qu’au deuxième semestre 2011, ce sont par contre les classes d’actifs risquées qui ont mieux performé au détriment des classes d’actifs dites plus sures.   Le mouvement de correction et le retour vers l’appétit au risque constaté depuis le début 2012 a logiquement favorisé les equities et impacté en négatif la classe d’actif jugée la plus sure, à savoir les obligations souveraines », souligne-t-on chez Dexia Asset Management. A noter encore, que les performances de ces fonds sur 3, 5 et 10 ans restent très honorables, un investissement devant toujours se concevoir sur le long terme.

L’avenir des placements obligataires souverains doit être envisagé avec une certaine prudence. Certains économistes avaient annoncé le retour de l’inflation. Elle s’installe déjà et l’injection de liquidités par les Banques Centrales sur les marchés ne va pas freiner ce phénomène.  Dans un environnement de taux bas, avec des dettes souveraines qui présentent davantage de risque que par le passé et une érosion des rendements en perspective en raison de l’inflation, ces placements sont à suivre de près.

Source des données chiffrées : Morningstar.

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