Hit-parade des fonds : Inde paradoxale, utilities délaissées !

Le hit-parade des fonds que nous publions chaque mois donne les 10 meilleures et les 10 moins bonnes performances des fonds commercialisés en Belgique toutes catégories confondues. En ce début février, ce hit-parade reprenant les meilleures performances du mois de janvier a de quoi surprendre ! Alors que les fonds investis en actions indiennes peinaient le mois passé dans la catégorie des 10 moins bons fonds, ils paradent ce mois-ci en tête de peloton !

« L’Inde a connu un record depuis le début de l’année avec une augmentation des indices entre 11 et 12% en monnaie locale, une monnaie qui s’est appréciée de 7% par rapport au dollar. Le MSCI India (en dollars) a augmenté de 21% soit la quatrième plus forte hausse mensuelle enregistrée», constate Sidhart Mahapatra, responsable des activités et fonds d’Amundi en Inde. Le marché indien et le secteur des infrastructures en particulier, avaient très mal performé l’année passée en raison de la hausse des taux d’intérêts, du ralentissement de la croissance du Produit National Brut et de problèmes politiques. Pour beaucoup d’observateurs, le rebond de janvier est  la conséquence d’un marché qui a été trop vendeur mais personne n’avait cependant anticipé l’ampleur de ce rebond. En ce qui concerne les infrastructures, la situation en Inde pourrait se normaliser après les élections. Le budget devrait être décidé en mars et les fondamentaux semblent conforter la reprise des marchés dans ce pays. Globalement, les pays émergents bénéficient, comme les valeurs cycliques, d’un relatif apaisement de l’évolution macroéconomique.

Parmi les moins bonnes performances, relevons la présence de plusieurs fonds investis en utilities et en entreprises de télécommunications. Comment expliquer cette tendance ? Stéphane Mercier, de la société de gestion anversoise Mercier Vanderlinden, nous éclaire à ce sujet. « Comme les nouvelles économiques sont meilleures aux Etats-Unis et que la situation en Europe se calme, les marchés émergents réagissent plutôt bien, ce qui explique la situation de l’Inde. Par contre, les télécoms et les utilities sont des services très locaux qui n’ont pas rebondi et qui restent malgré tout à la traîne ». Ce gestionnaire relève également la forte concurrence qui sévit dans le secteur des télécoms. « En voyant le nouvel opérateur qui a débarqué en France en cassant les prix, les investisseurs prennent peur. Ils réalisent que ce secteur sera de plus en plus soumis à une forte concurrence », souligne Stéphane Mercier. Dans le secteur des utilities, on assiste à une pression de plus en plus forte des Etats qui veulent aller chercher de l’argent dans cette niche à travers des taxations comme celle à laquelle est soumis le secteur du nucléaire. C’est l’opinion que partage également Vincent Juvyns, Stratégiste chez ING Investment Management. « Les données macroéconomiques connaissent un apaisement en Europe et une certaine embellie conjoncturelle aux Etats-Unis. Dans ce cadre, des valeurs défensives comme les utilities perdent de leur attrait. On assiste à un regain d’intérêt pour les valeurs cycliques et les émergents. On constate aussi que les Etats, en période d’austérité, mettent souvent à contribution le cash que les sociétés du secteur utilities ont engrangé. Les investissements sont lourds, l’endettement s’accroît et les cash-flows sont sollicités par les pouvoirs publics », note Vincent Juvyns. Dans ce contexte, les investisseurs restent vigilants et prudents.

Source des données chiffrées : Morningstar

 

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