Hit-Parade des fonds : Bilan d’une année

Le premier hit-parade des fonds de MoneyStore.be de cette année 2012 reprend les performances des dix meilleurs et dix moins bons fonds sur les douze mois de 2011. Il nous permet de faire le bilan d’une année qui fut mouvementée. Que peut-on en tirer comme conclusion ?

La première constatation est la bonne performance des obligations libellées en livres sterling. Les fonds libellés dans cette devise ont des performances qui ont oscillé autour des 15% sur une base annuelle. « On constate que, sur un an, la livre sterling s’est appréciée de seulement 3%, ce qui n’est pas beaucoup. Cependant, la conjoncture faible en Grande-Bretagne a provoqué une baisse des taux qui a permis aux obligations existantes et présentes dans les fonds de s’apprécier. Cette appréciation a été d’autant plus forte que ces obligations ont une duration longue. L’indice britannique global des obligations a une duration de 10 ans contre seulement 7 ans en Allemagne et 6 ans en Belgique. Si les taux diminuent, les prix des obligations existantes augmentent donc davantage avec des durations longues », explique Lazlo Belgrado de chez KBC Asset Management.

Peut-on dès lors considérer la livre comme une valeur refuge ? « Les risques sur cette devise sont présents. La Grande-Bretagne a un déficit public élevé et une croissance faible. Elle bénéficie cependant d’un avantage dans la mesure où les investisseurs pensent que sa politique économique est plus crédible que celle de la zone euro avec la mise en place de plans d’austérité plus soutenus. Ce pays a aussi l’avantage de bénéficier d’une monnaie plus flexible. Les Britanniques peuvent éventuellement dévaluer leur monnaie, ce qui n’est pas le cas de pays comme la Grèce ou le Portugal, par exemple », ajoute Lazlo Belgrado.

En marge de la livre sterling, relevons encore les bonnes performances des obligations libellées en devises des pays périphériques de la zone euro : la Suède, le Danemark. Ce sont des obligations de très bonne qualité et cette qualité a payé en 2011. Reste à voir pour combien de temps encore ces valeurs vont être supportées par le marché.

Du côté des grands perdants de 2011, l’Inde et les pays d’Europe de l’Est font triste mine sur base de leurs performances annuelles. Avec des performances négatives de l’ordre de 45% sur un an, l’Inde se démarque nettement.

Que s’est-il passé dans ce pays émergent ? Sidharth Mahapatra, qui dirige les fonds d’investissements d’Amundi en Inde nous donne sa version. Il gère un fonds spécialisé en biens d’infrastructure qui a traversé des temps très turbulents en 2011 en raison de la politique indienne. Ces dépenses sont étroitement liées à la mise en place de réglementations et de règles qui ralentissent ces dépenses. « Nous sommes cependant optimistes à moyen et long terme car nous constatons que les besoins en biens d’infrastructure sont très importants en Inde ».

En ce qui concerne les pays émergents d’Europe de l’Est, ils ont affiché des performances décevantes en 2011. En cause : ces économies sont fortement liées au destin des économies d’Europe de l’Ouest qui sont en pleine zone de turbulence. « En effet, ces pays, pour financer leur croissance, reposent sur un financement qui provient essentiellement du secteur bancaire en Europe, Europe qui est également leur partenaire commercial principal. Et cette année a été marquée principalement par les problèmes de risque souverain en Europe, qui a créé des problèmes de liquidités et un besoin de recapitalisation dans le secteur bancaire. Le spectre d’un ralentissement économique global résultant de cette crise de la dette n’a donc pas été favorable non plus », souligne-t-on chez Petercam. Les secteurs de la consommation, l’infrastructure, et le secteur financier sont des secteurs qui ont principalement souffert des développements et de la volatilité de l’Europe de l’Ouest.

A noter cependant que la Russie étant moins dépendante de l’évolution des économies de l’Europe de l’Ouest performe mieux. « Le marché russe a bénéficié du prix élevé des matières premières (en particulier le pétrole et le gaz), ce qui a permis aux entreprises nationales d’obtenir de bons revenus, malgré une taxation défavorable par rapport aux autres pays producteurs de pétrole », explique-t-on chez Franklin Templeton Investments.

Par contre, les fonds qui intègrent la Turquie dans leur portefeuille de pays convergents vers la zone euro ont  subi un impact négatif en raison de la situation de ce pays. « La Turquie, en tant que pays bénéficiant de peu de ressources naturelles, a pâti du prix élevé des matières premières. L’économie turque continue malgré tout à délivrer une croissance de plus de 8%. Nous pensons que l’exposition actuelle du portefeuille à la Turquie devrait générer des rendements positifs sur le long terme », ajoutent les gestionnaires de Franklin Templeton Investments.

Rappelons aussi qu’un des thèmes importants des pays émergents est l’expansion de la classe moyenne qui est amenée à consommer davantage et à ouvrir des comptes dans les établissements bancaires. Ce sont des tendances que suivent de près les gestionnaires de fonds sur le moyen et long terme. Il convient d’ailleurs de se pencher sur les performances à plus long terme de ces fonds qui sont plus encourageantes.

Source des données chiffrées : Morningstar

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