Le Mouvement Mondial des Mères, une initiative porteuse d’avenir

Par la Banque Degroof

Le Mouvement Mondial des Mères (MMM ou Make Mothers Matter) est une initiative non confessionnelle et non politique qui a vu le jour en France après la seconde guerre mondiale. Durant la guerre, les mères restées seules dans les villes ou les campagnes avec leurs enfants ont dû prendre en charge, dans un contexte de conflit armé, un nombre impressionnant de responsabilités dans la vie sociale. A la fois ancrées dans un présent difficile et tournées vers le futur de leurs enfants, ces femmes ont développé une perception particulière du monde.

En 1947, le MMM voit le jour sur les fondements du mouvement français des Mères Ouvrières pour la Paix. Le MMM est approuvé par l’ONU et acquiert le statut d’expert consultatif général à l’ONU. Cette initiative s’inscrit rapidement dans le cadre d’une action à vocation mondiale.

« Ce mouvement a quelque peu perdu de son dynamisme dans la mouvance féministe des années 70. Aujourd’hui, il reprend une activité plus intense avec la prise de conscience du nécessaire équilibre entre vie professionnelle et maternité », note Anne-Claire de Liedekerke, Présidente de la délégation européenne du MMM. Cette association n’est pas une initiative de mères au foyer soucieuses de défendre certains droits. Elle va bien au-delà et dispose d’une crédibilité non négligeable au niveau international. Le mouvement a une représentante à l’ONU (New-York) en la personne de sa présidente mondiale Florence von Erb. Une femme représente le mouvement à l’ONU à Genève, une autre est déléguée à Vienne auprès de la conférence des ONG. Le mouvement est aussi représenté à l’UNESCO et auprès de l’Union européenne.

Il faut dire que la mission et les enjeux de ce mouvement sont planétaires et importants pour l’avenir de notre société. « Il s’agit d’entendre et de faire entendre la voix des mères. Par entendre, nous estimons nécessaire d’agir concrètement et d’être à l’écoute des besoins des mères en fédérant les actions d’associations dont la mission est proche de la nôtre. Pour faire entendre ces besoins, nous développons des actions sur le terrain. Nous développons des ateliers qui permettent aux mères de réaliser à quel point elles ont un impact positif sur la société et, qu’en tant que mères, elles sont des expertes dans de nombreux domaines. Ce sont elles qui forment les générations futures », ajoute Anne-Claire de Liedekerke.

Au Parlement européen, les représentantes du mouvement sont actives en qualité d’expertes reconnues dans les commissions « femmes » et « emploi ». Dans ce cadre, le MMM a présenté une étude réalisée en 2010 et publiée en 2011 sur un échantillon de près de 12.000 mères à travers l’Europe. « La première remarque qui émerge de cette enquête c’est que le fait de devenir mère change tout. C’est un changement dans la vie qui est irréversible. Il résulte aussi de cette enquête que les mères voudraient pouvoir adapter leur rythme professionnel à leurs cycles de vie. Trois priorités se sont dégagées de cette enquête : le temps, le choix et la reconnaissance. Les gouvernements devraient pouvoir développer des politiques qui permettent aux mères de vivre selon leurs choix. Travailler à plein temps si elles le souhaitent, s’arrêter ou travailler à temps partiel quand les enfants sont plus petits et avoir la possibilité de reprendre un temps plein quand les enfants ont grandi », note Anne-Claire de Liedekerke.

Quelques points forts ressortent de cette étude :

  • La majorité des mères préfère combiner un emploi à temps partiel avec des activités familiales
  • Les préférences de l’emploi du temps entre profession et foyer sont fonction de l’âge des enfants.
  • Le manque de temps avec leur famille est un souci majeur pour les mères.

Faisant suite à cette étude, plusieurs requêtes ont été transmises par le MMM aux mandataires politiques. Par rapport à l’équilibre travail/famille, il est demandé de répondre aux besoins spécifiques des mères dans l’aménagement de leur temps de travail. Ces besoins évoluent en fonction des cycles de vie. Il est donc important d’accorder une flexibilité dans la vie professionnelle des mères en fonction des périodes de leur vie. Il devient aussi impératif de trouver des moyens pour assurer une reconnaissance au travail familial non rémunéré. Ce travail non rémunéré n’est pas inclus dans le PIB ni dans le calcul des retraites. Les femmes, et plus particulièrement les mères actives ou non actives dans la vie professionnelle, demandent d’être reconnues dans tous les aspects de leur vie et il convient d’arrêter de les considérer uniquement dans leur aspect réducteur de « valeur marchande » sur le marché du travail. Les mères contribuent au développement de la société à travers l’éducation de leurs enfants. Cette tâche n’est plus valorisée à sa juste mesure dans notre société. Le MMM s’emploie, avec toutes ses bénévoles, à faire bouger les mentalités.

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Une réponse à Le Mouvement Mondial des Mères, une initiative porteuse d’avenir

  1. Le Clercq Sylviane dit :

    Oui à la rémunération des mamans au foyer.
    Cela représenterait non seulement une reconnaissance de leur travail mais également un mieux être, une plus grande opportunité de voir grandir leurs enfants.
    S’occuper de ses enfants, une tâche importante mais si difficile.

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