Femmes et finance : un rapport très complexe !

Par La Banque Degroof

En quelques décennies la situation économique et financière des femmes a évolué. Elles ont gagné leur indépendance financière grâce à un niveau de formation supérieur et de plus en plus de femmes obtiennent des diplômes universitaires ou équivalents. Elles viennent aussi se confronter aux hommes dans tous les types de carrières. Il n’est plus rare aujourd’hui de voir des couples où la femme a un salaire supérieur à celui de son mari.

Dans un article du mois d’août 2012 de USA Today, il est fait référence à une étude réalisée par Prudential en 2012 qui démontre que, sur un échantillon de 1.410 femmes américaines, 22% gagnaient plus que leur mari. Une autre étude de la firme Hearts & Wallets insiste sur le fait que les salaires des femmes sont également en progression. En 2008, la contribution des femmes américaines dans les revenus du ménage était de 36% contre 27% en 1970.

Conjointement à la progression de l’indépendance financière des femmes, les taux de divorce ont également augmenté et la proportion grandissante de femmes vivant seules suppose que 80 à 90 % d’entre elles seront, à un certain moment de leur vie, seules responsables de la gestion de leur finance.

Malgré un niveau d’éducation plus élevé et leur plus large contribution dans les finances du ménage, les femmes se sentent par contre trop peu concernées par la gestion de leur patrimoine. Plusieurs études ont démontré que, malgré une élévation du niveau de leur formation, les femmes restent très peu confiantes dans toutes les matières économiques et financières et que leur formation dans ce domaine reste encore très lacunaire. Généralement, elles trouvent ces matières très … embêtantes ! La maigre compréhension des produits financiers, leur difficulté à prendre des décisions en matière de placements et leur faible perception des réalités économiques engendrent une insécurité et une certaine angoisse face à la prise de décisions dans le domaine financier. Elles ne savent pas toujours où aller chercher de l’aide et cette insécurité engendre un comportement plus conservateur dans leurs décisions d’investir. Une autre enquête américaine réalisée en 2004 auprès de 1.000 investisseurs a cependant montré que, malgré des connaissances et un intérêt moindres, les femmes commettent généralement moins d’erreurs que les hommes en matière d’investissements et que ces portefeuilles plus conservateurs ont obtenu de meilleurs rendements que ceux des hommes.

Comment explique-t-on ce paradoxe ? Souvent les hommes considèrent la gestion de leur portefeuille comme une sorte de bataille, de défi, voire comme un jeu alors que les femmes la considèrent plus comme une corvée. De ce fait, elles délèguent plus volontiers cette gestion à des professionnels. Chez les hommes, le principal critère de choix en matière de placements est le rendement alors que, chez les femmes, les valeurs éthiques et la sécurité entrent également en ligne de compte avec le rendement. Elles affichent donc un profil de risque plus conservateur. Elles détiennent moins d’actions que les hommes et davantage de titres à revenu fixe. Les hommes, par contre, sont plus friands de titres « à la mode » et pèchent souvent par excès de confiance.  Chez les femmes, la prise de décision est plus longue et plus réfléchie et quand elles définissent un plan, elles s’y tiennent.

Pour mieux gérer et comprendre leur portefeuille, les femmes sont confrontées aujourd’hui à un nouveau défi : se former en matière financière. Il est important pour elles de balayer leur a priori et d’envisager la gestion de leur portefeuille comme une nécessaire prise en mains d’une des composantes essentielles de leur vie et de se fixer ainsi… un nouveau challenge !

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