Femme de diplomate avec chaleur et dynamisme

Un soir de novembre 2012. New-York, Fifth Avenue. Miek Calcoen-Declercq reçoit avec son mari Marc, Consul de Belgique à New-York, une délégation belge d’hommes d’affaires et de journalistes venus pour le Belgian Day à Wall Street. C’est un accueil chaleureux dénué de toute raideur qui nous attend à l’entrée du somptueux appartement avec vue sur Central Park. Miek, attentive, a un mot agréable pour chacun. Nous sommes bien au-delà de la simple courtoisie diplomatique. Une sincérité, un dynamisme et une générosité se dégagent de cette femme. Nous convenons de nous revoir.

Mardi matin, le temps nous est compté et nous sommes conscientes qu’à défaut de pouvoir l’arrêter, il nous faut en saisir chaque instant. Miek est économiste de formation. Parfaite trilingue, elle entame sa carrière chez Shell avant de suivre son mari à Tokyo en 1990. « Je venais d’avoir mon premier enfant, je gagnais très bien ma vie quand Marc a décidé de quitter la KB où il travaillait. Il avait réussi le concours diplomatique et rêvait d’entamer une carrière internationale », se souvient Miek.

Mais pour Miek, il n’est pas question de se contenter d’être « la femme du diplomate ». Elle travaille à la Chambre de Commerce à Tokyo et, après la naissance de son deuxième enfant, elle donnera des cours de cuisine en anglais à des Japonaises dans les somptueux locaux de l’ambassade belge à Tokyo dirigée à l’époque par Patrick Nothomb, père d’Amélie. Les postes se succéderont ponctués par l’arrivée d’un troisième enfant : Buenos Aires, Paris, Bruxelles (Représentation permanente auprès de l’Union Européenne), Singapour et New-York en août 2012.

Ces postes à l’étranger sont entrecoupés de retours en Belgique où Marc travaille pour le Ministère des Affaires Etrangères. « A chaque retour en Belgique, j’ai retrouvé du travail. Cependant, mes séjours à l’étranger sont considérés chaque fois comme un « black gap » même si mon expérience là-bas est très enrichissante. Il faut cependant reconnaitre que le fait d’être trilingue et de ne pas être trop exigeante au niveau salarial m’a permis de retrouver chaque fois un emploi. Aujourd’hui, à 50 ans, j’accepte de travailler pour un salaire équivalent à celui de quelqu’un de 30 ans. J’avoue honnêtement que c’est dur de quitter un travail en partant à l’étranger et de recommencer à zéro en revenant en Belgique. Je me suis aussi investie comme Family Officer au Ministère des Affaires Etrangères pour aider les familles en poste à l’étranger dans toutes leurs démarches familiales : santé, scolarité, divorce,…», reconnaît Miek.

A l’étranger aussi, Miek ne reste pas inactive. A Singapour, elle est engagée par la BLAS (Belgian and Luxembourg Association of Singapore). Elle est également guide culturelle dans les musées de Singapour. « Chaque fois que j’arrive dans un nouveau lieu, je me donne trois mois pour prendre la température, pour voir, écouter, découvrir, visiter, m’informer. Cela demande beaucoup d’énergie. Ensuite, je trouve un emploi, une activité où je peux être utile. Je m’investissais aussi beaucoup dans les associations de parents des écoles suivies par mes enfants », ajoute Miek.

Aujourd’hui, les enfants sont grands et poursuivent leurs études supérieures en Belgique. « C’est dur pour les enfants de devoir chaque fois quitter un pays et leurs amis même si, aujourd’hui, ils ont à leur disposition toute la technologie pour rester en contact. Ils développent aussi une forme d’immunité : ils s’attachent moins à leurs amis pour moins souffrir en les quittant », constate avec un peu d’amertume cette mère de trois garçons.

Miek reconnaît qu’en tant que femme de diplomate il faut gérer plusieurs aspects : être soi-même active, être mère d’enfants expatriés, épouse avec un rôle de représentation. « Il y a aussi tout cet aspect protocolaire. Mais j’ai les deux pieds sur terre. Je suis très chaleureuse et je veux créer une ambiance familiale et chaleureuse quand je reçois. C’est comme si je voulais donner aux Belges une deuxième maison à l’étranger ». Miek peut être rassurée : elle remplit cette mission à merveille !

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Une réponse à Femme de diplomate avec chaleur et dynamisme

  1. Cecile dit :

    J’ai bcp aimé l’interview de Mieke Calcoen.
    Quelle richesse de pouvoir s’adapter à toutes ces cultures. Mieke le fait très intelligement : d’abord elle étudie, ensuite elle participe et puis s’implique en travaillant. Un très bel exemple pour la jeune génération. Bravo

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