Elles ont osé changer de cap !

La vie ne ménage pas ses surprises. Il y a des femmes qui n’hésitent pas à prendre des tournants à 90 degrés dans leur carrière professionnelle pour développer un projet qui leur tient particulièrement à cœur. Elles y trouvent un épanouissement et un élan nouveau qui les propulsent dans un monde en mutation.

Karine t’Serstevens et Isabelle de Bellefroid sont décidément des femmes particulières. Karine, juriste de formation et mère de trois enfants, a décidé de mettre un terme à sa carrière dans le monde bancaire pour entreprendre des études d’infirmière. Isabelle, mère de quatre enfants, infirmière de formation a développé un projet de maison d’hôtes à Bruxelles après avoir travaillé dans une boutique durant plusieurs années et après s’être investie dans du bénévolat en soins palliatifs. De juriste à infirmière et d’infirmière à hôtelière, penchons-nous sur ces destins de femmes audacieuses.

C’est en raison de ses très bons résultats scolaires que Karine t’Serstevens s’est orientée vers le droit à la fin de ses humanités. « C’était pour moi une suite logique car tout le monde se dirigeait vers une formation universitaire. J’ai choisi le droit par élimination. Je ne me voyais pas en médecine, je n’aimais pas l’économie et je voulais m’orienter vers du social à travers mes études de droit », explique-t-elle. Si elle a apprécié les candidatures en droit, elle a pourtant failli tout lâcher en deuxième licence avant d’entamer sa dernière année. Son diplôme en poche, elle s’est mariée et est entrée dans une étude de notaire. Peu après, elle débutait dans une banque où elle allait rester six ans. En 2005, après la naissance de son deuxième enfant, elle décide de prendre une pause carrière et d’entreprendre des études. « Je me suis souvenue qu’en 6ème primaire, j’avais du faire un travail sur le métier que je voulais faire plus tard. Ce métier, c’était infirmière. A 30 ans, cette envie de soins infirmiers est revenue à la surface. A cette époque, nous avons passé une nuit aux urgences d’un hôpital et, là, je me suis dit « c’est ça que je veux faire ». Je voulais être dans ce mouvement des urgences. J’ai alors fait des tests psychologiques qui ont confirmé ce choix profond », raconte Karine t’Serstevens.

Elle entame alors des études d’infirmière qui vont durer six années ponctuées par une nouvelle grossesse. Les études, les blocus, la spécialisation en pédiatrie dans une famille animée par trois jeunes garçons ont été difficiles.  Mais soutenue par son mari, Karine a finalement concrétisé son rêve en septembre 2010 et travaille aujourd’hui dans un des services de pédiatrie des Cliniques Universitaires Saint-Luc à Bruxelles. « Lorsque je rentre dans le service de pédiatrie, j’oublie tout ! Je sens que, là, je suis enfin à ma place ! ».

Isabelle de Bellefroid a entamé ses études d’infirmière par vocation. « Pourtant je n’ai quasi jamais pratiqué ce métier. Après mes études, je me suis mariée et j’ai rapidement eu mon premier enfant. Par confort, j’ai alors travaillé à mi-temps dans la boutique de prêt-à-porter de luxe que tenait ma mère. Je pouvais ainsi concilier ma vie familiale et ma vie professionnelle », note Isabelle de Bellefroid. Une vie familiale qui va encore s’enrichir de trois autres enfants. Après une pause dans sa carrière, elle a travaillé pendant dix ans dans une unité de soins palliatifs près de Namur, le Foyer Saint-François, en qualité de bénévole. « J’y ai retrouvé mes sensations du métier d’infirmière que j’avais peu pratiqué. Cette expérience intense a laissé une forte emprunte dans ma vie », reconnaît Isabelle de Bellefroid.  Habitant Namur, le couple cherche alors un pied-à-terre à Bruxelles mais, très vite, face au challenge de trouver une petite maison, Isabelle décide de réaliser un rêve enfoui depuis longtemps au plus profond d’elle : ouvrir une maison d’hôtes sous forme de Bed&Breakfast. Elle entame des études au cours Melius +  à Bruxelles où elle réalise qu’elle devait faire quelque chose qui lui corresponde vraiment. « J’ai appris à mieux me connaître et ce projet de maison d’hôtes était déjà en moi depuis longtemps. Il correspondait bien à mon envie de développer des contacts humains. Le cours Melius + a été pour moi un catalyseur qui m’a permis de découvrir ce que je voulais faire », ajoute Isabelle de Bellefroid. Six mois après l’acquisition d’une grande maison près du Cinquantenaire, le projet baptisé « La tour de Bebelle » voit le jour et accueille une clientèle essentiellement composée de femmes et d’hommes d’affaires qui sont en relation avec la Commission européenne. « Une fois le projet terminé, j’ai ressenti une immense satisfaction qui a été renforcée par le succès remporté par le Bed & Breakfast». Aujourd’hui, c’est une femme bien ancrée dans sa nouvelle vie qui pose fièrement devant sa maison d’hôtes toute neuve.

Que dire aux femmes qui sentent au plus profond d’elles-mêmes ce besoin de changement et qui ne se risquent pas à franchir le pas? « Il faut oser suivre sa motivation, son ressenti et oser faire le pas. Il faut passer au-dessus du «qu’en dira-t-on » qui peut détruire cette motivation. On y va pour le meilleur, il n’y a pas de pire. Au moins on a la satisfaction d’avoir tenté un projet même si ce projet suppose des sacrifices. Il ne faut pas hésiter à oser changer son mode de vie », conseille Karine t’Serstevens. A voir la sérénité et la joie tranquille de ces deux femmes, on n’en doute pas !

Ce texte est rédigé par la Banque Degroof

 

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