La Revue : Obligations à deux vitesses

Les incertitudes qui planent sur la zone euro ne se dissipent pas. Les mesures prises par la BCE n’arrivent pas à convaincre et les différents scenarii quant à l’avenir de l’euro sont toujours envisagés.

Dans ce contexte, l’indice de confiance des investisseurs calculé par la société State Street s’est cependant un peu amélioré en juillet. «L’indice mondial de la confiance des investisseurs affiche une légère augmentation, de 93,3 en juin à 94,0 ce mois-ci, en hausse de 0,7 point. La confiance des investisseurs en Amérique du Nord et en Europe s’est infléchie légèrement, tandis que la confiance des investisseurs en Asie s’est légèrement améliorée. L’indice régional nord- américain a ainsi baissé de 0,6 point, passant de 93,7 points (en données corrigées) à 93,1 tandis que l’indice régional pour l’Europe affiche 101,7, en repli de 0,5 point par rapport au niveau corrigé de 102,2 en juin. L’indice régional pour l’Asie s’établit pour sa part à 91,0 soit une hausse de 0,8 point par rapport au niveau corrigé de 90,2 le mois dernier», indique les analystes de State Street.

Selon Bob Doll de chez Black Rock «Nous pourrions envisager la combinaison d’une croissance plus faible que la normale avec une politique monétaire souple dans la plupart des zones géographiques comme un aspect positif pour les actions. En dépit des risques connus, nous croyons qu’une approche « risk on » modeste continue à avoir du sens pour les investisseurs».

Concernant le marché obligataire, nous assistons aujourd’hui à l’émergence d’un marché dual, situation assez atypique sur ces marchés. Les perturbations dans la zone euro entrainent des situations inédites. «Aujourd’hui, le marché obligataire est vraiment divisé en deux. D’une part, nous avons les sociétés émettrices qui sont des entreprises en très bonne santé et qui bénéficient sur les marchés obligataires de taux très bas. On voit, par exemple, la société Heineken qui se finance à 13 ans à des taux de 3% par an, ce qui est un taux historiquement bas pour une société qui a un rating BBB+. Par contre, les sociétés qui affichent de mauvais résultats financiers ou qui opèrent dans des zones géographiques à risque offrent des rendements obligataires très élevés», note Alexandre Goldwasser, Gérant de Goldwasser Exchange.

Il n’y a donc plus de classe moyenne dans la catégorie obligataire. Il y a soit les très bons élèves soit les très mauvais. Cette situation est particulièrement inquiétante pour les entreprises en mauvaise santé ou opérant dans des zones géographiques risquées et qui doivent offrir des primes de plus en plus élevées pour se financer. Ces entreprises éprouvent énormément de difficultés à se financer à des prix abordables, ce qui les entraine, elles et leur pays, dans un cercle vicieux. «Par contre, comme le marché agit sans discernement, il y a des opportunités qui se présentent surtout dans les émissions de sociétés de qualité qui, bien que domiciliées dans les pays européens à risque, n’ont pas une importante exposition de leur chiffre d’affaires dans ces pays et offrent des rendements élevés», constate Alexandre Goldwasser.

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