La Revue : Marchés entre espoir et crainte

Les marchés sont extrêmement volatils démontrant ainsi l’incertitude dans laquelle nous vivons. Alors que les Etats-Unis semblent embrayer vers une reprise de la croissance, la dette grecque a trouvé une porte de secours temporaire sans, cependant, que cette opération ait  résolu tous les problèmes de fond de cette économie.

Aux Etats-Unis, les emplois ont progressé de 227.000 unités en un mois. « Cette tendance à l’augmentation des emplois devrait se poursuivre et devrait aider l’économie américaine à croître. Il existe bien sûr des obstacles qu’il va falloir surmonter et les Etats-Unis sont encore dans un stade de guérison suite à la crise du crédit. L’histoire montre que ce type de périodes de guérison sont lentes et pénibles et nous n’entrevoyons pas une croissance économique supérieure à 3% en 2012 », souligne Bob Doll, Chief Equity Strategist for Fundamental Equities chez BlackRock.

La hausse des prix du pétrole pourrait engendrer des poussées inflationnistes mais les prix des autres matières premières n’ont pas suffisamment augmenté pour soutenir l’inflation à la hausse. Depuis le début de l’année, les actions ont enregistré une forte hausse probablement due à une consolidation et à une correction des marchés. « Nous pensons que l’environnement macroéconomique reste favorable aux actions. L’expansion économique devrait continuer, l’inflation se maintiendrait, les banques centrales à travers le monde étant focalisées sur une politique monétaire souple. Ajoutez à cela que les valorisations des actions restent attrayantes », note Bob Doll.

Chez Franklin Templeton, les économistes estiment que l’Europe pourrait être sur le bon chemin grâce aux efforts qu’elle a fourni en matière de discipline budgétaire. « En fin de compte, nous sommes plus optimistes concernant l’Europe que ne nous l’étions il y a un an, tout en restant prudents. Les valorisations intéressantes et le fait que nous ayons peut-être atteint un plancher dans les révisions à la baisse des résultats des entreprises, nous a conduit à augmenter notre exposition sur l’Europe alors que nous sommes neutres sur les Etats-Unis et les pays émergents », souligne-t-on chez Franklin Templeton.

Cependant, il ne faut pas se leurrer, tout n’est pas résolu en Europe ! Les incertitudes persistent encore concernant la dette européenne. Selon Mike Turner, Head of Global Strategy and Asset Allocation chez Aberdeen, la restructuration de la dette grecque est sans doute la première de beaucoup d’autres qui suivront. La Grèce est au milieu d’une des plus longues périodes de récession de l’histoire moderne. Les plans d’austérité qui lui sont infligés entraînent des coupes sombres dans les dépenses publiques qui engendreront elles-mêmes des pertes d’emploi. « Sans action pour stimuler la croissance, l’austérité seule viendra empirer le problème et conduira à une dislocation sociale d’envergure. Les Grecs ne peuvent et ne pourront plus en supporter davantage », constate Mike Turner.

Il semblerait que nous ne soyons pas encore au terme de la résolution de la crise des dettes souveraines en Europe. L’Espagne et le Portugal sont déjà pressentis pour embrayer le pas à cette danse funeste. Les marchés resteront volatils en attendant que la tragédie grecque se poursuive et s’étende plus que probablement.

Ce contenu a été publié dans Actualité, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.