La Revue : Investir dans un environnement imprévisible

Il ne fait désormais plus de doute que nous vivons des temps exceptionnels en matière financière et économique. Tous les économistes et prévisionnistes y perdent leur latin. Il devient, aujourd’hui, vraiment très présomptueux de se déclarer capable de prédire l’avenir. La situation actuelle appelle à une grande humilité que nous ne retrouvons malheureusement pas toujours dans le monde financier.

Certains avouent pourtant qu’il devient de plus en plus difficile d’y voir clair. «L’environnement économique dans lequel nous nous trouvons est en fait exceptionnel. Alors que l’histoire économique peut, en règle générale, donner au moins quelques indications sur les développements auxquels nous pouvons nous attendre, de nombreux paramètres économiques sont aujourd’hui à des niveaux jamais vus dans l’histoire des 200 dernières années », relève Guy Wagner, Chief Economist à la Banque de Luxembourg.

En effet, le niveau des dettes et des déficits publics commence à peser de tout son poids sur les finances des pays développés. En marge de cette situation, les bilans des banques centrales explosent dans une union monétaire qui ne fonctionne pas et avec un système bancaire extrêmement fragilisé. Les politiques budgétaires et fiscales augmentent encore les déséquilibres structurels et il faut s’attendre à des pressions sociales importantes dans le futur.

Dans cet environnement, il convient de rappeler qu’il n’y a plus de placements sans risque. Cela concerne aussi les placements en obligations ou sur les comptes d’épargne. « Pour les placements à revenu fixe, les risques encourus sont la perte de pouvoir d’achat (quasiment garantie à l’heure actuelle mais que la plupart des investisseurs semblent prêts à accepter, du moins tant que l’inflation officielle reste modérée) et la possibilité de ne pas être remboursé à 100 % au cas où l’on recherche des taux d’intérêt plus élevés. Dans le cas des placements boursiers, le risque est une perte d’une partie du capital. A noter cependant qu’il importe de distinguer ici entre perte temporaire ou définitive », ajoute Guy Wagner.

En matière d’investissement, il y a donc lieu de revoir ce qui était considéré comme la règle. « Ces changements exigent que les investisseurs repensent autrement leur façon d’investir en obligations. Ils doivent réanalyser les risques et les rendements qu’ils espèrent et s’interroger sur les références d’indices et de portefeuilles dans lesquelles ils étaient habitués d’investir », note Hyman Minsky de chez Fidelity. A la Banque de Luxembourg, on reconnaît que, dans un tel contexte, les actions constituent le placement par défaut. « A l’intérieur des marchés boursiers, les actions d’entreprises de qualité payant des dividendes réguliers sont à privilégier ». Les pays émergents ont également toujours la cote et l’or garde encore quelques attraits. « Les politiques monétaires actuellement menées pourraient à moyen terme entraîner un problème inflationniste majeur, ce qui plaide en faveur de l’or », reconnaît Guy Wagner.

Dans des marchés aussi volatils et dans un contexte aussi incertain, la diversification reste le maître-mot d’une bonne gestion.

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