La Revue : Europe entre inquiétude et opportunités

La situation de la zone euro attise l’inquiétude des marchés depuis l’été passé. De sommets en élections, cette crise économique est devenue essentiellement politique. On ne peut revenir sur la création prématurée de l’euro dans un ensemble géopolitique sans union budgétaire et à la productivité et aux systèmes sociaux si diversifiés. Nous en payons les conséquences une décennie plus tard. Il faudra sans doute aller bien au-delà des critères de Maastricht et des pactes de croissance annoncés pour redresser la situation.

Selon John Greenwood, Chief Economist chez Invesco, maintenir l’union monétaire tout en imposant aux économies en crise des contraintes budgétaires strictes amenant à la récession ne fonctionnera pas, car les électeurs européens ne l’accepteront pas longtemps. « Les électeurs de l’Europe du Sud vont se lasser de l’austérité tandis que ceux des pays « core » vont se fatiguer des renflouements et sauvetages».

Selon les analystes de chez Lazard Frères Gestion, une sortie de la Grèce de la zone euro ne devrait pas avoir un impact trop important à la fois sur les banques et sur la zone euro en général car ce pays représente moins de 3% du PIB de la zone euro et les risques sont provisionnés dans les banques.

Le risque est essentiellement un risque de contagion aux pays périphériques et de « bank run », c’est à dire d’un retrait massif des dépôts dans les banques de ces pays par les investisseurs. « Quant au cas de l’Espagne, si la défiance des marchés se poursuit, le pays pourrait faire appel à l’assistance du FESF et du MES, soit pour la recapitalisation des banques, soit pour un plan d’assistance complet. Le premier cas nous semble le plus probable », souligne-t-on chez Lazard Frères Gestion.

Pour notre part, nous estimons que toute crise est source d’opportunités et nous sommes, en cela, rejoints par les analystes de Franklin Templeton Investments. Selon eux, au sein de la crise, des opportunités peuvent être trouvées, de la valeur peut prédominer et un potentiel de croissance peut exister. C’est sans doute le bon moment pour investir de façon sélective en Europe. « Nous croyons qu’il y a beaucoup de sociétés européennes qui ont des revenus globalement diversifiés, dans certains cas qui génèrent plus de la moitié de leurs revenus en-dehors de l’Europe et qui sont d’excellents compétiteurs. C’est pourquoi nous dédions nos équipes à la recherche analytique en nous focalisant sur la recherche d’opportunités et en nous orientant, dans notre stratégie, sur des investissements qui ont un potentiel à long terme », estime John P. Remmert, Senior Vice President and Portfolio Manager chez Franklin Equity Group.

Et la Belgique dans tout ça ? Une récente étude effectuée par KBC révèle que la Belgique s’accroche dans le peloton de tête de l’union européenne. « Les résultats honorables de l’économie belge ont créé la surprise ces dernières semaines. Les chiffres modifiés du PIB montrent que notre pays n’a pas sombré dans la récession ces derniers trimestres et depuis mars, la confiance des consommateurs se redresse de son effondrement précédent. Bien que l’ensemble des indicateurs continuent de brosser un tableau mitigé, nous avons relevé notre estimation de croissance 2012 à 0,3%. La Belgique reste ainsi éloignée des pays en récession et colle au peloton de tête de l’UEM », estime Johan Van Gompel de chez KBC.

Cependant, la situation n’est pas exempte de risque. Il ne faut pas sous-estimer l’impact que pourrait avoir, sur notre économie ouverte, une crise dans la zone euro. Cette crise pourrait nous plonger dans une récession qui viendrait d’une contamination à toute la zone euro. Le processus d’assainissement budgétaire et nos problèmes structurels ne sont pas tous résolus, loin s’en faut.

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