La Revue : Assainissement et récession en vue

Les principaux indicateurs montrent un ralentissement de la croissance au niveau mondial. Les raisons de ce déclin varient d’une zone géographique à l’autre mais les événements qui se déroulent dans une partie du monde influencent les paramètres de croissance des autres régions, démontrant en cela l’interdépendance économique, commerciale et financière du monde dans lequel nous vivons. Selon John Greenwood, Chief Economist chez Invesco, « L’Union européenne représentant près d’un cinquième du PIB mondial, cette crise entraîne non seulement une récession dans la région, mais elle pèse lourdement sur le commerce international et sur la croissance du Royaume-Uni, de l’Europe de l’Est, de l’Amérique du Nord et de l’Asie, dont l’économie dépend des exportations vers l’Europe».

Les injections monétaires des banques centrales ne sortent pas les effets escomptés dans la mesure où cet argent ne se dirige pas vers le financement de l’économie réelle. « Il y a un risque que la zone euro dans son ensemble plonge dans la récession et ce, malgré la résilience de pays qui ont pratiqué la discipline budgétaire », estime les analystes d’Edram. Ce plongeon est prévisible malgré les récentes mesures prises lors du dernier sommet européen, mesures qui vont dans le bon sens dans le cadre d’une stabilisation de la zone euro. Cependant, l’Europe ne comblera ses déficits budgétaires que dans un scénario de croissance de minimum 2% par an durant 5 ans. « Les responsables politiques du monde occidental ont de plus en plus souvent recours aux injections massives de liquidités pour masquer le vieillissement de leur économie. Les pays se servent de l’AQ (assouplissement quantitatif) de la même façon qu’hommes et femmes utilisent le Botox, pour tenter désespérément de dissimuler leurs rides et de paraître éternellement jeunes», estime Ad van Tiggelen, Senior Investment Specialist chez ING Investment Management.

Aux Etats-Unis, aussi, les vues sont plutôt pessimistes. Le budget de 2013 s’oriente vers moins de dépenses publiques et une taxation accrue. Cependant, contrairement à l’Europe, ce pays est plus jeune au niveau démographique et plus souple au niveau économique.

Au niveau des pays émergents, malgré un ralentissement de leur croissance, la Chine et l’Inde contribuent à plus de la moitié de la croissance de l’économie mondiale.

Selon Bob Doll, gestionnaire chez Black Rock, les vues en matière d’investissement sont maintenues depuis le début de l’année : « En janvier 2012 nous croyions que les conditions étaient assez bonnes pour que les actions surperforment en 2012 et nous conservons cette vue », estime Bob Doll. Pour Ad van Tiggelen le maître-mot reste la diversification. « Bien que nous ne prévoyions pas l’émergence de pressions inflationnistes à court terme, il vaut mieux éviter les portefeuilles composés en majorité d’actifs nominatifs, même pour les investisseurs frileux, en y conservant aussi des actifs réels (comme des actions, des biens immobiliers et de l’or). Même si ceux-ci ne sont pas toujours très jolis à regarder, la beauté offerte par le Botox s’avèrera elle aussi être un phénomène de courte durée », estime cet analyste. Les analystes de chez Edram marquent une préférence au sein de la classe actions pour des titres ciblés. « En Europe, nous aimons les compagnies qui ont une exposition minimale sur l’économie domestique. Dans le cadre d’une diversification et d’une bonne gestion du risque, nous recommanderions d’être exposé au risque de taux de change –en particulier sur le dollar- et, dans une moindre mesure aux mines d’or ». A propos des mines d’or, nous traitions de ce sujet dans notre dernier hit-parade des fonds.

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