La Revue : Tango grec ou la restructuration de la dette grecque pour les nuls!

Dix ans après l’Argentine, la Grèce emboîte le pas au tango argentin en mode sirtaki : elle se prépare à effacer 100 milliards d’euros de dettes publiques sur les 350 milliards qu’elle enregistre. En 2002, l’Argentine avait réalisé une opération de ce style en faisant défaut à concurrence de 82 milliards de dollars, soit 73 milliards d’euros au cours de l’époque. A l’issue d’un montage complexe, les créanciers privés, les institutionnels comme les fonds de pension, les compagnies d’assurance, les banquiers  et les fonds d’investissement se préparent donc à renoncer à 100 milliards d’euros. Ils s’engagent, par ce geste, à  renoncer à la moitié de leur encours sur la Grèce. Cette opération va se faire sur base d’un échange de titres existants contre des titres ayant une valeur diminuée de moitié.

La facture risque cependant d’être plus lourde car l’échéance de ces titres sera de 30 ans. Trente années durant lesquelles l’argent sera immobilisé et cette immobilité a un coût qui ne sera pas couvert par le taux offert sur ces titres. Un taux moindre et une durée inhabituelle sur les marchés engendreront une perte conséquente pour les institutions financières. Une perte qui pourrait se chiffrer, selon l’AFP, à 70% de la valeur comptable des obligations détenues en portefeuille pour une décote initiale de 50%.

En marge de cette situation, on constate que lorsque la BCE fait tourner la planche à billets en injectant des liquidités dans le marché, ces liquidités sont dirigées non pas vers les entreprises et les ménages pour relancer la croissance mais vers… les obligations domestiques ! Comme le soulève Dexia Asset Management dans ses perspectives économiques : « De même, alors qu’elles (les banques) se désendettent, elles vont continuer à donner la priorité aux prêts domestiques et essayer d’apparier leurs actifs et passifs étrangers. Les régulateurs sont également susceptibles d’encourager ce processus dans la mesure où ils cherchent à protéger leurs systèmes financiers nationaux ». L’austérité budgétaire et le désendettement des banques risquent de prolonger, jusqu’en 2013, la récession dans laquelle nous sommes entrés et peut-être de provoquer une nouvelle crise.

La dette souveraine, nous le savons, n’est plus un placement sans risque et les hausses boursières ne sont que le reflet d’un excès de liquidités sur les marchés. Dans un tel contexte, les investisseurs ne doivent pas se laisser abuser. Nous entrons dans la quatrième année de crise, la volatilité et les risques restent présents même si la lassitude engendrée par les marchés baissiers pourrait conduire certains à revenir en bourse. Pendant ce temps, les Grecs descendent dans la rue, des Grecs dont on ne pourra pas éternellement ignorer le sort au quotidien aux portes de l’Europe. Europe où est donc passé ton idéal ?

 

 

 

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