Les pays BRIC sont-ils toujours leaders des marchés émergents?

Par Dexia AM

Dans le contexte actuel, beaucoup d’espoirs reposent sur les pays émergents pour sortir l’économie mondiale de la crise. Capacités de production, disponibilité des ressources naturelles, hausse de la population et des revenus sont sources de croissance pour tous ces pays. Le cas des pays BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) en tant que leader de cette zone économique commence à faire débat. Sont-ils toujours à même de garder leur place de leader ? Sont-ils plus affectés par la faible croissance mondiale et la crise en Europe que d’autres pays émergents ? Les avis divergent….

L’importances des pays « BRIC » dans l’économie mondiale

Les pays BRIC restent prépondérants dans l’économie globale. En effet ces quatre pays représentent plus de 43 % de la population mondiale et ne cessent de gagner en importance sur le plan de la géopolitique internationale. Le Brésil dispose de réserves naturelles impressionnantes (cuivre, nickel, minerai de fer…), la Russie est devenu un interlocuteur de poids sur le marché de l’énergie (gaz et pétrole), l’Inde reste un réservoir énorme de travailleurs hautement qualifiés et la Chine, surnommé l’usine du monde, est devenu tout simplement la deuxième économie mondiale.

A propos de la Chine, le ralentissement relevé actuellement aura-t-il un impact majeur sur l’économie mondiale ?

Il est clair que des taux de croissance de l’économie variant entre 12 et 14 % font partie du passé. La croissance future de la Chine sera plus raisonnable car l’économie chinoise soufre à la fois de la faiblesse des exportations et du ralentissement de son secteur de la construction.

Avec une croissance de 7,6 % au deuxième trimestre de 2012, la constatation du ralentissement de l’économie est claire. Mais cela confirme aussi que l’économie se stabilise et que le scénario d’arrêt brutal de la croissance chinoise est peu réaliste. La Chine s’est d’ailleurs donné un nouvel objectif majeur : stabiliser son économie. Grâce à une inflation inférieure à 2 %, les autorités chinoises pourront implémenter des mesures d’assouplissement pour prévenir une éventuelle récession.

La consommation interne au cœur de l’évolution de l’économie chinoise

Avec une part de 30 % du PIB la consommation interne reste encore faible dans l’économie chinoise. Les autorités se sont d’ailleurs engagées à promouvoir cette consommation au détriment des plans d’investissements. Le gouvernement est conscient qu’il doit stimuler encore plus la consommation interne et minimiser sa dépendance aux économies occidentales et donc ses exportations. Mais le problème réside dans le fait que les Chinois épargnent beaucoup à cause de l’absence de protection sociale (assurance maladie, retraites, allocation de chômage etc…). C’est ainsi que Pékin a commencé à investir dans ce domaine et à améliorer ses politiques sociales afin d’encourager la population à dépenser.

Et la Russie dans tout cela ?

La deuxième clé de l’énigme « BRIC » réside en Russie. Même si l’économie russe reste très dépendante des hydrocarbures (plus de 70 % de la balance commerciale extérieure), beaucoup d’efforts ont été faits ces dernières années afin de diversifier l’économie et de multiplier les sources de revenus. C’est ainsi qu’on assiste à une timide émergence de l’économie numérique. Des entreprises comme le géant du logiciel anti-virus Kaspersky  ou le moteur de recherche Yandex ont fait leur percée au niveau mondial et continuent à gagner des parts de marché. Cette transition reste toutefois fragile du fait d’un climat des affaires qui ne s’améliore pas et de lois sur la concurrence qui ne sont pas toujours appliquées de la manière la plus stricte possible. Les autorités russes en sont conscientes et on doit s’attendre à ce que davantage de mesures soient implémentées afin de remédier à ce problème.

Ne faudrait-il pas étendre la notion de BRIC à d’autres pays ?

Il y a quelques années encore des doutes ont émergé quant à la capacité des certains pays à répondre aux attentes placées en eux. La fragilité des économies indienne et brésilienne avait remis en question leur potentiel de croissance (une croissance en berne, une inflation toujours présente, une dépendance aux flux de capitaux externes et des banques centrales trop interventionnistes ont minimisé l’intérêt porté aux pays BRIC). Il a parfois été question de remplacer l’Inde par l’Indonésie vu que cette dernière disposait de finances publiques plus solides et d’une économie diversifiée et tournée vers la consommation interne. Le nom de l’Afrique du Sud a aussi évoqué suite à son statut de première économie africaine. Toutes ces spéculations, bien que fondées, n’ont jamais été concrétisées car aucun de ces pays ne dispose des ressources naturelles (Brésil, Russie) ou de la capacité financière (Chine, Russie) des membres actuels du club des BRIC.

Quelles sont les perspectives à court et moyen terme ?

La première moitié d’année a été particulièrement difficile pour les pays BRIC du fait de la crise européenne et des craintes de récession. Si ce climat d’incertitude et d’aversion au risque persiste, les pays BRIC seront d’avantages impactés. Par contre, si une action simultanée du G10 et des principaux pays émergents était mise en place afin de soutenir l’économie mondiale, alors les investisseurs se focaliseront davantage sur les fondamentaux (dette, perspectives de croissance etc.), terrain sur lequel les pays BRIC excellent et sortent de loin gagnant par rapport aux pays occidentaux.

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