La hausse des profits suffit-elle à faire monter la bourse ?

On a tendance à associer hausse des profits ou forte croissance économique à la hausse de la bourse. Le lien n’est pas aussi évident et automatique. En 2011, les profits des entreprises européennes ont fortement progressé et les marchés européens ont reculé. Depuis deux ans la bourse de Shangai s’avère être une grande déception en dépit d’une forte croissance économique.

En fait le régime idéal pour un marché action n’est pas tant le taux de croissance économique en absolu que le bon équilibre croissance/inflation. Si la Chine a autant sous performé en 2010 c’est en raison d’une inflation qui semblait hors de contrôle et qui faisait redouter une hausse des taux de la part de la banque centrale de nature à casser la croissance. Le sentiment est également très important. Une confiance dans l’avenir et les fondamentaux d’un pays est nécessaire. Le meilleur exemple est une nouvelle fois la Chine.

On stigmatise beaucoup la crise de confiance en Europe mais la Chine affronte également une situation similaire. Le marché action chinois avait été le premier à rebondir en octobre 2008. En dépit d’un consensus positif, il sous performe aussi bien les marchés développés qu’émergents de façon constante depuis mi 2009. Au départ des explications conjoncturelles ont été avancées. Ainsi les tensions inflationnistes étaient une excuse facile à cette contre performance. Les causes sont en fait bien plus structurelles. En dépit d’une croissance des profits de plus de 20% en 2011, les valeurs de la bourse de Shangai ne sont valorisées que 11 fois les bénéfices. A l’instar des actions européennes, les actions chinoises souffrent d’une contraction de leurs multiples de valorisation en raison d’une hausse de la prime de risque. Les investisseurs questionnent de plus en plus le modèle économique chinois fondé sur une exploitation de ressources abondantes et bon marchés et un système financier déséquilibré. La Chine doit réformer son modèle de croissance économique en développant un secteur privé efficient, en allouant correctement le capital et en ne gaspillant pas les matières premières. La Chine n’a jamais été confrontée à la gestion d’une bulle immobilière. Il est donc difficile de savoir si elle la gérera mieux que les Européens au début des années 90. Force est de constater que les investisseurs ne souhaitent pas jusqu’à présent lui accorder le bénéfice du doute à la veille d’un renouvellement politique important.

L’agenda des réformes est différent de celui auquel sont confrontés les pouvoirs publics européens, il n’en est pas moins tout aussi ambitieux et difficile.

Ce texte est rédigé par Dexia AM

 

 

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