Trackers : gare au piège !

Il existe des fonds qui sont cotés en Bourse et que l’on nomme des trackers parce qu’ils ont pour but de véritablement traquer les indices. Les trackers sont aussi appelés ETF (Exchange Traded Funds). Le premier ETF a été lancé aux Etats-Unis en 1993. Aujourd’hui, ces fonds représentent 299 milliards de dollars d’encours en Europe et 929 milliards de dollars aux Etats-Unis.

Ces fonds ont pour but de répliquer des indices boursiers, ils sont des instruments de gestion passive dans les portefeuilles car les valeurs sont sélectionnées sur base de leur présence dans l’indice et non pas en fonction de la conviction d’un gérant.

Il existe un grand nombre de trackers qui répliquent des indices très diversifiés (grands indices boursiers, indices sectoriels, indices géographiques, indices ISR…).  Le sous-jacent d’un tracker doit être composé d’un nombre minimal de valeurs. Comme ces trackers sont cotés en bourse, ils peuvent être achetés ou vendus comme une action. Cependant, chaque émission d’ETF doit faire l’objet de la publication d’un prospectus. Ces prospectus sont, en général, disponibles sur Internet.

Ces produits semblent donc très transparents : en achetant un ETF  l’investisseur sait qu’il achète toutes les valeurs qui composent un indice. Il ne prend donc pas de risque de gestionnaire. Ce produit est très liquide car il se traite en bourse à une valeur qui est fournie en continu. On peut mettre un ordre limite, ce qui n’est pas le cas avec des sicav classiques. Les frais sont également moindres que dans des fonds à gestion active. Il n’y a pas de frais d’entrée et les frais de gestion sont relativement limités. Cependant, derrière ce qui est apparemment un produit simple peut se cacher une forme de placements bien plus complexe.

Il existe deux types de réplication : la réplication physique et la réplication synthétique. La réplication physique consiste à investir dans toutes les valeurs qui composent l’indice en fonction de la pondération de chaque valeur dans l’indice. Cette gestion suppose que le gérant du fonds pondère à tout moment les valeurs dans le portefeuille en fonction de leur position dans l’indice. Le gestionnaire doit constamment gérer ses positions de façon à « coller » à son indice. Il est fréquent que ces fonds pratiquent le prêt de titres, ce qui engendre un risque de contrepartie.

Une autre forme de réplication est la réplication synthétique. Cette réplication consiste à répliquer uniquement la performance de l’indice et non sa composition. Le fonds investit dans des valeurs très liquides mais qui ne correspondent pas à la composition de l’indice sous-jacent à l’ETF. C’est le cas, par exemple, du tracker sur le BEL 20. Il s’agit d’un ETF synthétique qui offre la performance du Bel 20 mais qui ne contient … qu’une seule valeur belge ! Cette méthode consiste à confier les sommes placées dans l’ETF à une société de gestion qui investira ces sommes dans un panier de valeurs de son choix et qui offrira, grâce à un swap, la performance de l’indice à l’émetteur de l’ETF. Le produit est composé à concurrence de 90% par des actions et de 10% par un swap. Ces trackers ne répliquent donc pas physiquement un indice mais constituent un produit structuré qui reprend un investissement dans des valeurs parfois très éloignées de celles l’indice et une construction de produits dérivés pour offrir la performance de l’indice de référence du tracker.

Ce sont des produits bien plus complexes qu’il n’y paraît et l’investisseur est très loin du produit transparent dans lequel il croyait investir ! Il se trouve avec un risque sur la contrepartie du swap à concurrence de 10 % de son investissement.

Ces ETF synthétiques ne peuvent pas être vendus aux Etats-Unis. Certains observateurs des marchés entrevoient des problèmes potentiels liés à ces produits en raison des swaps qu’ils utilisent. Avant d’investir dans ces produits, il convient de s’informer, sachant que la majorité des ETF en Europe sont de type synthétique (émis par Lyxor, une émanation de la Société Générale). Le marché des ETF synthétiques en Europe est donc essentiellement animé par le groupe de la Société Générale.

D’autres ETF émis par iShares sont des ETF physiques mais qui comportent, quant à eux,  un risque lié aux prêts de titres.

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