Un capitaine s’en va !

Jan Huyghebaert, Président du Conseil d’Administration de KBC Groupe SA quitte ses fonctions ce vendredi pour une retraite bien méritée. Ce banquier d’envergure avait décidé de passer son dernier déjeuner dans les murs imposants de l’Avenue du Port avec quelques journalistes. Rassuré par la reprise en mains du paquebot KBC par Thomas Leysen, Jan Huyghebaert peut se permettre de regarder en arrière.

Il a connu de nombreuses crises financières dans sa carrière : le krash de Wall Street en 87, les crises scandinave, mexicaine, russe, asiatique, des nouvelles technologies, la crise de 2008 et finalement celle de 2011. « Tout a probablement commencé en 1973-1975. A cette époque, nous n’avons pas réalisé qu’il y avait un changement fondamental qui s’opérait. Un changement dans les échanges au niveau mondial dont nous ressentons encore les effets aujourd’hui », reconnaît Jan Huyghebaert.

Dans sa vision du monde de la finance, Jan Huyghebaert reconnaît que les banques sont soumises à une concurrence « à mort » qui les pousse sans cesse à innover. Ces innovations sont cependant très vite recopiées par les concurrents. Et les clients dans tout ça ? La banque remplit-elle encore le rôle économique qui lui est dévolu, à savoir récolter de l’épargne pour octroyer des crédits ?

« Oui elle le fait et elle est capable de remplir son rôle. Les autorités doivent cependant se rendre compte de ce rôle que nous devons jouer. Nous sommes sans cesse poussés à innover. J’ai connu la naissance des CDO qui sont nées dans la compagnie d’assurances. Au départ, c’était des produits que nous avions faits pour nous et ensuite nous les avons proposés aux clients », reconnait Jan Huyghebaert. Il avoue aussi que ses équipes étaient fières de pouvoir développer et offrir des produits sophistiqués face à une concurrence ardue.

A la question de savoir s’il faut offrir au client ce qu’il veut ou plutôt ce qui est bon pour lui en l’éduquant, Jan Huyghebaert reconnaît que c’est difficile, avec les règles MIFID,
de dire aujourd’hui à un client qu’on ne peut pas lui vendre un produit parce que cela ne correspond pas à son profil.  Il faut aussi que les investisseurs comprennent que le risque zéro n’existe pas et qu’ils ne doivent pas se focaliser sur le rendement uniquement. Mais les crises passent et l’investisseur oublie !

 

 


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