Plus de temps pour un frigo que pour un placement !

Avez-vous remarqué combien de temps les gens passent à choisir un frigo dans un magasin d’électroménager ? Ils ont d’abord pris les mesures de l’appareil pour être certains que leur future acquisition entrera dans l’emplacement prévu à cet effet dans leur cuisine. Ils interrogent le vendeur sur les spécificités de l’engin, sur sa consommation électrique, sur ses différentes fonctions, sur les justifications de prix entre des appareils apparemment semblables, sur les qualités de la marque, sur les différences entre marques. Parfois, ils prennent le temps d’aller voir dans un autre magasin et de comparer les prix ou alors ils consultent les prix en ligne pour pouvoir les comparer. Quand le choix s’est enfin porté sur ce qu’ils considèrent comme l’appareil leur convenant le mieux, ils prennent congé pour recevoir l’installateur et se penchent sur le manuel d’utilisation. Aujourd’hui, un frigo a une durée de vie moyenne de 10 ans. 
Et, nous, combien de temps passons-nous à choisir notre banquier ou un placement dans une institution financière ? Dans ce domaine, il nous arrive de suivre les conseils d’un ami, d’un banquier, d’une relation professionnelle. Prenons-nous le temps de poser toutes les questions sur le contenu du produit, sur les frais, sur les risques, sur sa liquidité ? Avons-nous regardé si la banque est une filiale ou une succursale d’une banque étrangère, ce qui a des répercussions non négligeables sur le fait que la garantie de l’Etat concernant les dépôts s’appliquera ou non ? C’est ce qui a valu quelques déboires aux épargnants de la Banque Kaupthing en 2009. Prenons-nous le temps de lire les prospectus abrégés des fonds dans lesquels nous investissons ? Avons-nous comparé les produits entre eux ou les différentes offres des banquiers ? Lorsque le produit entre dans notre portefeuille, prenons-nous le temps de le suivre et de le réévaluer en fonction de notre horizon de placement et de notre aversion au risque ? Une épargne est, en général, constituée pour plus de 10 ans. Ces réactions et ces comportements sont interpellants. L’épargne est souvent un capital qui est le fruit de notre travail. Nous avons accepté de ne pas le consommer dans l’immédiat pour réaliser un projet futur ou pour constituer un complément de retraite. Ce fruit du renoncement à la consommation immédiate est souvent placé sans véritable réflexion, dans une relation de confiance quasi totale avec le vendeur du produit et… en moins de temps que pour choisir un frigo ! Or, avant d’investir, il faut s’informer. Au moment d’investir, il faut poser les bonnes questions et après avoir investi, il faut continuer à suivre son placement. I.deL.

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