Mestrallet attaquera

C’est devant un parterre de 1000 personnes, en présence du Prince Philippe et du Vice-Premier Ministre Didier Reynders que L’Echo fêtait ce jeudi soir le 130ème anniversaire de sa première parution. Ce fût l’occasion de retracer avec Hervé Hasquin, Secrétaire Perpétuel à l’Académie Royale de Belgique,  le passé économique et financier glorieux de notre pays et le démantèlement de son tissu industriel à la fin du XXème siècle. A cette occasion, il fût rappeler, qu’au début des années 60, la Belgique était la cinquième puissance nucléaire mondiale. A l’heure où l’on décide d’une sortie (sans doute un peu précipitée) du nucléaire, ce rappel de la gloire passée de notre pays ne laissa pas indifférent.

Le choix du key note speaker de cette soirée était pour le moins interpelant. Gérard Mestrallet, patron de GDF Suez, de nationalité française, retraçant dans le fil de son discours, sa prise de pouvoir dans la Société Générale de Belgique, apportait à cette cérémonie une certaine note d’amertume.

Après un long exposé sur le développement de GDF Suez en Belgique, Gérard Mestrallet s’en est pris ouvertement au gouvernement, dont Monsieur Reynders était le représentant dans la salle, avec des propos acerbes sur le manque de respect des engagements pris par la Belgique à l’égard de sa société. « En 2009, nous avions conclu un pacte  prévoyant la prolongation de dix ans pour les trois plus anciennes centrales nucléaires belges et le paiement d’une contribution entre 215 et 245 millions d’euros. Aujourd’hui, ce pacte est rompu par les mesures envisagées et, l’Etat ne remplissant pas ses engagements, nous utiliserons toutes les voies de droit pour nous défendre. Je défends ici les intérêts de ma société. Si ce pacte est rompu, nous ne nous sentons plus tenus de respecter nos engagements pris à l’époque », soutient Gérard Mestrallet.

La majorité du public choqué a malgré tout poliment et docilement applaudi cet orateur. Gérard Mestrallet a profité d’une telle tribune pour lancer son plaidoyer contre un pays qui doit, rappelons-le, remettre au plus tôt son budget sur ordre des autorités européennes. Soulignons encore que, dans ce budget, tout le monde devra être et sera mis à contribution.

 

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