La Revue: La fin de la crise n’est pas pour demain !

« On n’a pas fini de parler de la crise ! » tel est le message qu’entend faire passer Charles Nollet, Member of the Executive Commitee du Crédit Agricole Luxembourg. En 2002, nous avons connu une crise résultant des bilans des entreprises. En 2008, la crise avait pour cause l’endettement des ménages américains et, aujourd’hui, ce sont les bilans des Etats qui sont à l’origine du marasme dans lequel nous nous trouvons.

Dans une telle situation dans quoi peut-on encore investir ? « Si l’on n’a pas d’idée, on peut rester en cash. Dans une telle situation ce n’est pas mauvais de ne pas être investi totalement », reconnaît Charles Nollet.

Et les chiffres ? « Il ne faut pas trop croire les statistiques qui font souvent beaucoup de tort. Les statistiques nous ont dit que les actions performaient mieux sur 10 et 20 ans et qu’elles étaient moins risquées que d’autres classes d’actifs. Or, les marchés n’ont pas cessé de baisser. Par ailleurs, quand on dit que sur les 10 dernières années les actions n’ont pas bien performé, cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas y investir aujourd’hui. Méfions-nous donc des statistiques », prévient Charles Nollet.

Beaucoup d’investisseurs pensent que les dix dernières années sont une décennie perdue car la plupart des actifs ont baissé. « Or, certains actifs ont  très bien monté. Prenons les pays émergents, des gestionnaires comme Carmignac avec leur fonds Carmignac Patrimoine avaient perçu le potentiel de ces pays depuis longtemps. Les matières premières ont également bien performé de même que, bizarrement, les obligations américaines indexées sur l’inflation s’en sont bien tirées dans un contexte d’inflation modérée », note Charles Nollet.

Alors que convient-il de regarder quand on investit ? Il faut être attentif aux fondamentaux de chaque investissement et au prix auquel on l’achète.

On pourrait comparer cette période à l’âge de glace. Il y a peu de croissance, peu d’inflation et les taux sont bas. Les valorisations sont basses, ce qui signifie qu’il y a des opportunités. Cet immobilisme dans lequel nous sommes trouve ses sources dans trois causes. La construction de l’euro a été trop rapide. Aux Etats-Unis, l’abaissement des taux pour financer l’économie a provoqué un surendettement. Les Asiatiques sont aussi en tort dans la mesure où, pour exporter, ils ont préféré avoir des devises faibles et ils ont réinvesti en dollars pour renforcer une consommation américaine qui vit à crédit. Tout ce système n’a pas été générateur de croissance.

Aujourd’hui, il convient de s’ouvrir sur le monde. L’Asie offre des perspectives mais il faut les cibler en ayant conscience que l’Asie ne se limite pas à la Chine. Cet économiste préconise également de se méfier de l’Europe de l’Est, et plus particulièrement de la Hongrie, trop dépendante des banques européennes.

 

 


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